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[Souvenirs d’enfance] Les raisins


 

Par ce post, je tiens à rendre hommage à mes parents (qui me liront peut-être) et leur montrer que je reconnais les avoir de temps en temps mis dans des situations complexes.

Maintenant adulte, si vous saviez combien je compatis … 🤪

 

Alors cette histoire se passe pendant les vacances. J’ai une dizaine d’années et ma petite sœur 6 ou 7 ans.

Alors il faut savoir qu’à cette époque, nous partions toujours en vacances en caravane, et il n’y avait ni mini-télé ni tablette dans la voiture. A l’arrière il fallait s’occuper !

En début de voyage, on compte les voitures d’une couleur définie au départ, mais bon … il faut reconnaître que cette activité n’est pas passionnante et au bout d’un moment on s’ennuie ferme.

On roule sur la nationale et mon père n’est pas un fou du volant donc la vitesse n’est pas excessive. Et c’est là que j’ai l’idée du siècle : avec ma sœur, on va manger des bananes, on va ouvrir la fenêtre de mon côté et on va jeter les peaux sur les voitures qui arrivent en face et qu’on va croiser !

Comme toute idée stupide, celle-ci remporte un franc succès.

(Oui, maintenant que je suis plus âgée, je me pose souvent la question de savoir pourquoi ce sont toujours les idées les plus nazes qui remportent le plus de succès… En général, plus ce qui est proposé a de chances d’apporter des ennuis et plus les groupes suivent. Ca me fait penser à un de mes profs de lycée qui nous avait dit « l’intelligence de groupe ça n’existe pas. Pour calculer l’intelligence d’une assemblée, il faut trouver qui a le QI le plus faible et le diviser par le nombre de participants ». Sur le coup je l’avais trouvé un peu radical, mais avec le recul, je crois qu’il n’avait pas complètement tort … 🤔)

Mais bref, mon idée est complètement nulle, donc ma sœur est emballée.

On récupère des bananes dans le sac de nourriture et on en mange chacune une.

Pour avoir plus de choses à balancer sur les voitures d’en face, on divise les peaux en trois. Et me voilà en train de viser les voitures avec mes peaux de bananes. Je suis super fière de moi : j’ai l’impression que j’arrive à viser les pare-brise avant 😌 (oui, avec le recul, je me dis que j’étais vraiment pas maligne).

Allez, j’ai lancé toutes les peaux, on remange chacune une banane et c’est reparti !

Sauf qu’à un moment, je rate mon lancer et je « gaspille » une peau :

-          « AH ZUT »

-          « Qu’est-ce que vous faites ? » demande ma mère en se retournant

-          « Heu, rien » répondons-nous avec de toutes petites voix

-          « Pourquoi vous avez ouvert la vitre ? »

-          « Pour rien … »

-          « Dites-moi ce que vous faisiez ! Maintenant ! »

-          « Ben on lançait des peaux de bananes sur les voitures d’en face »

-          « J’espère que c’est une blague ! »

-          « Qu’est-ce qu’elles faisaient ? » demande mon père

-          « Elles lançaient des peaux de bananes sur les voitures d’en face »

S’en est suivie une ronflante mémorable dont je me souviens encore. Et je pense que ma sœur aussi.

Et ma mère a récupéré les bananes du sac pour les prendre devant avec elle en nous jetant un regard, mais un regard …

 

Jamais à court d’idées je jette un œil dans le sac de nourriture. Et mes yeux se posent sur … le raisin !

Bon, on n’a plus de bananes OK, mais on peut utiliser le raisin !!!

Encore une fois, ma sœur me suit dans mon plan foireux.

Alors cette fois on vise les voitures avec les pépins de raisin. Les pépins sont glissants et en les pressant entre le pouce et l’index on arrive à les propulser à une distance qui nous semble intéressante.

Mais les pépins, ce n’est pas suffisant et on décide de lancer aussi les peaux des raisins. On est convaincues qu’on arrive à atteindre les voitures qu’on croise. On est les championnes du tir au raisin !!!!!!

On s’occupe comme ça pendant un bon moment. Jusqu’à ce qu’il ne reste plus un grain de raisin dans le sac.

 

Et on arrive à Nantes.

Mon père ralentit et on arrive au premier feu. Il s’arrête et nous, derrière, on regarde un peu la ville.

Alors je ne sais pas pourquoi, mais à un moment je me retourne.

Et je blémis.

Je prends conscience de ce qui s’est passé pendant le trajet.

Je fais signe à ma sœur de regarder derrière et elle aussi perd ses couleurs.

En fait, on n’était pas les reines du tir au raisin !

Nos projectiles n’allaient pas aussi loin que ce qu’on pensait.

Et en fait … tous les pépins et les peaux des raisins s’étaient retrouvées collées sur le devant de la caravane ! 😭😭😭

On s’est enfoncées dans le fond de nos sièges et on s’est tues.

Au bout de quelques minutes, mon père a demandé :

-          « Qu’est-ce que vous avez fait les filles ? On ne vous entend plus ? »

-          « … »

-          « C’est trop calme, il y a certainement un truc ! »

-          « … »

-          « Alors ? »

-          « Je crois que la caravane est sale. Il va falloir la nettoyer »

 

Et là, mon père décide de s’arrêter sur un parking. Les parents descendent de la voiture et constatent la fructification de l’avant de la caravane.

-          « Vous nous expliquez ? »

-          « Ca doit être les peaux des raisins qu’on a mangés »

-          « Et comment ils sont arrivés sur la caravane ? »

-          « Peut-être qu’on a voulu les jeter par la fenêtre ? »

-          « Je vois … des peaux de raisins à la place des peaux de bananes ! Eh bien ce n’est pas grave, vous allez nettoyer la caravane ! »

 

Et c’est donc le rouge au front qu’on a pris chacune un morceau de sopalin pour essayer de réparer les dégâts.

Eh bien je vais vous dire un truc : je ne pensais pas qu’on avait utilisé autant de raisins !

Et on ne s’est plus jamais amusées à balancer des choses par la fenêtre …



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